Mercredi 7 janvier 2015

 

 

Depuis midi, Charlie Hebdo est en deuil,

La liberté de pensée est en deuil.

Mon âme est en deuil.

 

L’artiste

Sera toujours plus fort que le terroriste.

 

Virtuoses de la plume et du trait,

Croisés du rire athée,

Morts au combat pour la liberté de pensée,

 

Je ne vous oublierai jamais.

 

Le soleil de l’esprit finit toujours par percer

Les nuages de l’obscurantisme forcené…

Car le crayon, la gomme, la plume et le pinceau

Auront toujours raison des fusils d’assaut.

 

Chers amis de Charlie Hebdo,

 

Je ne vous oublierai jamais…

 

 

 

 

La liberté s’arrête…

Où commence l’interdiction de rire !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la mémoire du 11 janvier 2015 (huile sur toile – 100 X 100 cm)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la mémoire du 11 janvier (croquis préliminaire)

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SOUFFLER N’EST PAS JOUER

 

L’utilisateur

N’est pas le créateur.

Qui se sert de la poudre ne l’a pas inventée… Les fauteurs de guerre

Ne sont pas des lumières,

Mais des chefs vaniteux et des idiots grégaires.

 

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MOUTON BIPOLAIRE 

 

Voulait changer d’atmosphère,

Quitter les cass’ autos, cas sociaux, changer d’univers.

 

Mais, victime des gourous atrabilaires

Professant la haine guerrière,

L’avait mal branché l’Coran dans sa tronche bipolaire…

 

L’ex rappeur a mal tourné, s’est trompé d’musique…

L’a délaissé la rime pour l’arme automatique…

L’a dédaigné la flûte enchantée pour la kalachnikov déjantée.

 

Puis l’a éteint d’éblouissantes lumières,

Obéissant à ses gourous atrabilaires,        

Pitoyables chefs de guerre,

Bien planqués dans leurs forteresses meurtrières…

 

Leur dessein est de nous ramener en arrière,

 

A des années-lumière du Siècle des Lumières… !! 

 

 

 

 

 

 

 

En cette ère d’austérité et d’hypocrisie,

Face à la barbarie, la démagogie,

Il est urgent de rétablir la poésie… !

 

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S’il n’y avait pas d’imbéciles pour les suivre, les dictateurs n’auraient aucun pouvoir… !!!

 

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LE VENT DE L’ESPRIT

 

(27 octobre 2006)

 

« Un doigt pointe vers la lune ; l’imbécile regarde le doigt. »

Cher Confucius, je suis bien d’accord avec toi… 

 

Et j’ajouterai,

Si tu permets,

Qu’avec son « œil - soldat », fixé sur ce seul doigt,

Notre imbécile fera mille comparaisons avec d’autres doigts,

Différents du sien, cela va de soi,

Ce qui le rendra jaloux, mesquin et sournois,

Et le poussera

A semer mille embûches sur ta voie…

 

Méfions-nous des douaniers

De la pensée…

J’ai rêvé que le vent de l’esprit

Chassait enfin les nuages gris…

 

Tout d’abord,

Avant les camps de la mort,

Les nazis ont procédé

Aux autodafés.

 

Dans les flammes dorées

S’envolaient toutes traces d’esprit…

Et cette destruction des écrits

A précédé celle des corps, partis en fumée dans la nuit…

 

Méfions-nous des douaniers

De la pensée…

J’ai rêvé que le vent de l’esprit

Chassait enfin les nuages gris…

 

Aujourd’hui, nous sommes tenus de tenir un langage châtié,

Aseptisé.

Les blogueurs à blagues sont bagués.

Big Brother nous tient à l’œil sur le net,

Qui doit rester net.

Gare à la censure !

Et même les caricatures

Se doivent d’être pures.

 

Mon p’tit papa Hector,

S’il te plaît, réponds-moi, depuis là où tu dors.

J’ai bien peur que dans l’ombre, les cadors,

Ne veuillent mettre l’humour à mort,

Pour rester les seuls maîtres à bord.

 

Mais les ailes de l’esprit

Sont comme les décimales du nombre d’or,

Irréductibles, et prolongées à l’infini…

Voltaire fut à sa manière un rebelle.

Et chacun d’entre-nous est une étincelle

De cet immense

Feu d’artifice

Qu’est l’humanité !

Mais j’ai parfois peur que l’histoire ne vienne à se répéter…

 

Quand « Dame Censure » se mêle

De rogner les ailes

De l’oiseau-lyre

Qui déclenche l’ire,

Je crains le pire

Pour l’avenir…

 

Mais, j’ai rêvé que le vent de l’esprit

Chassait enfin les nuages gris…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Liberté de pensée (huile sur toile – 60 x 60 cm)

 

 

 

 

 

 

La course pédestre du 14 juillet (huile sur toile – 50 x 65 cm)

 

 

 

 

 

 

« Civaux dort... » (11.10.2011- acrylique sur toile - 92 X 73 cm)

  

 

 

 

« Tripalium » : acrylique sur toile (80X80 cm)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Origine égarée (huile sur toile – 60 X 91 cm), d’après l’Origine du Monde, de Gustave Courbet.

 

But…

… Be careful… Big Brother is watching you…

 

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J’ai écrit le texte suivant en janvier 2006, mais neuf ans après, il me semble hélas, toujours en aussi triste résonance avec l’actualité…

 

 

« Ce n’est pas dire des sottises qui est grave, mais les dire au nom des principes »

(Jean Rostand)

 

 

HAINE A LA CHAINE… ( janvier 2006 )

 

Avant l’an deux mille, on craignait le bug.

Aujourd’hui, c’est l’ère du blog,

“But we are still in the fog...”

Aujourd’hui, comme hier, des fanatiques beuglent…

 

« Œil pour œil, et le monde finira aveugle. »

Disait Rajiv Gandhi,

Dont les prolifiques pensées

Ne devraient jamais cesser

D’irriguer nos esprits…

 

Nourrissant de belliqueux desseins envers les caricaturistes

Le monsieur intégriste,

Prit le départ de la course cycliste.

Mais hélas, il manquait

Un peu d’humour pour huiler

Sa chchch…haine, et son pédalier.

Et puis, ses roues étaient voilées…

 

De nos ancêtres cosmopolites,

Nous avons tous hérité des rites,

Tel, le fondamentaliste protestant,

Hostile à Darwin, et à l’avortement,

Chantre d’un créationnisme bien pensant,

Don Quichotte en guerre contre les moulins à vent…

D’ailleurs, moi-même, peintre naïf, fruit d’une éducation athée,

Chaque matin, je verse l’eau chaude sur ma boule à thé.

Ne sachant pas vendre mes croûtes, j’étale

Sur mes toiles

Les couleurs comme du pâté,

Ce qui fait de moi un artiste dupe athée…

Descendants de Lucy, nous sommes tous issus

Du même tissu,

Même berceau de races.

Chaque jour, et pour rien, des vies se fracassent,

Dans le fleuve plusieurs fois millénaire

De la misère.

L’histoire est lasse

De ces guerres aux impurs, où l’on croisait le fer.

Aujourd’hui encore, c’est mêmes critères, mêmes chimères…

 

 

Les rivières de sang innocent

Jamais ne s’évaporent, ni ne se lavent dans le sang.

On ne ressuscite pas

Les morts, et on ne répare pas

L’holocauste d’hier

En tirant sur de pauvres hères.

 

Pourquoi le soldat israélien

Ferait-il payer,

Derrière les barbelés,

Les crimes et les horreurs du passé,

Au citoyen libanais, ou palestinien 

Qui traîne aussi son fardeau de chagrins.

 

Les vents chauds

D’Abou Ghraïb à Guantanamo,

Transportent les soupirs

Du prisonnier irakien,

Torturé par les américains.

Cet homme brisé ne saurait trop nous dire

A qui, de l’horreur, la palme revient…

 

Et, dans sa ronde infinie,

Le derviche tourneur nous dit

Que tout cela « soufi ».

Servir à toutes les sauces le chant religieux comme ode,

C’est bien commode…

Délaisser le sens critique,

Pour la lecture

Des écritures

Sacrées ou sanscrites,

Saisies au sens strict…

Puis, brouiller les pistes et étouffer les cris

Des dissidents aux vies en dents de scie…

 

Peut-être, mon ennemi d’aujourd’hui

Sera-t-il demain mon ami,

Si un vrai dialogue, enfin, s’établit…

Mais…diviser

Pour mieux régner,

C’est le vieil adage

Des fins stratèges…

 

J’ignore si la colombe hait les deux églises…

A Colombey, Colombo ou Belize…

Mais hélas, certains attisent

La bêtise,

Et récupèrent la haine, pour enflammer

Les foules, en cortèges disciplinés…

Ces drôles de trolls enrôlent

De pauvres hères, dans de drôles de  jeux d’ rôles,

Puis ils tirent les bénéfices du pétrole,

Quand leurs actions et le prix du baril s’envolent…

 

 

Depuis toujours, les espèces « dissonantes »

Et trébuchantes

Font le nerf de la guerre…

 

Je lance une question en pâture à vos débats :

 

Et si… hommes d’affaires,

Huiles et potentats,

Narcotrafiquants, mafias,

Et faux magiciens d’Oz, lanceurs de fatwas, 

 

Etaient tous en secret…

 

Copains à la récré… ?

 

Pour fumer en cachette le calumet de l’OPEP… 

 

De New York à Sydney, en passant par Alep… ?

 

Voudraient-ils mettre l’humour à mort,

Pour rester les seuls maîtres à bord… ?

 

Tous ces marchands d’armes, et redresseurs de torts,

Aux misérables du sud, feraient-ils perdre le nord,

Pour mieux caresser le veau d’or… ?

Mais…Chut… !  Silence … ! « Thésée »-vous, dit le Minotaure… !

 

 Bouddhiste,

Animiste,

Juif, orthodoxe, chrétien, ou musulman,

Je comprends

L’écoeurement

De celui qui se sent

Rejeté pour ses rites, ou ses apparences…

 

Va dans la forêt, éveille tes sens,

Sans indécence,

Aux effluves de mousses, suaves essences.

Entre tes bras, serre un tronc d’arbre, et sens sa force !

Lève les yeux au ciel,

Pour dissiper ton fiel…

 

Orthodoxe, athée, juif,   Chrétien, bouddhiste,

Musulman sunnite, ou chiite,

Fumant, ou non, du shit (chut…),

Chamane, animiste, hindouiste, shintoïste,

Annamite phallocrate en costume celluloïd,

Ayant survécu à l’omelette aux amanites phalloïdes,

Clarinettiste, essayiste ou pompiste,

Hostile au style cubiste,

Résiste

Aux épizooties des toupies utopistes, 

Et Aux ogres intégristes.

 

Pensée unique

Egale société inique !

 

Athées, croyants ou renégats,

Elevez-vous donc au-dessus du débat.

Nous sommes tous frères, ici-bas.

« Celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas… »

Au secours, Aragon, réveille toi… !

 

Tous les saints vénérés dans toutes les mégapoles,

Ne devraient plus laisser les humains jouer au frisbee avec leurs auréoles,

Qui font des tâches de sang,  

Entre les mains des fourbes, ou des inconscients,

Dans des luttes sans aura…

…Et sans Laura,

Entre l’aura des villes et l’aura des champs…

 

Les religions

Sont légion.

Alors, ma foi… Cessez de nourrir l’amalgame

De la foire aux âmes,

Sous la couche d’ozone.

 

 

 

 

 

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CREATION-ISTHME…( 29 octobre 2006 )

 

Quelque part à l’ouest, par delà

L’isthme de Panama,

Sur fond de propagande audiovisuelle,

Darwin se fait éliminer des manuels,

A grands renforts de médias et de missels…

 

Après la récréation,

On enseigne aux bambins la divine création.

Exit la théorie de l’évolution,

Vouée à la crémation…

A quand le retour des bûchers, et de la « Sainte Inquisition »… ?

 

 

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LA REPONSE

(Trois cents cinquante ans après la question)

 

-William Shakespeare :

-“ To be or not to be ;

That is the question.”

 

-The Beatles:

-“ Let it be...”

That is the answer !!!

 

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BOXING WITH WORDS

 

 

Face à la gifle, aveugle et intempestive,

Ne tends pas l’autre joue, mais au contraire, esquive,

Pour que la main chargée de haine fouette le vent,

Et puis termine sa course sur le ciment… !

 

Observe le scorpion

Qui s’agite en vain

Dans le feu de l’action…

Il périra demain par son propre venin…

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1.0… ou : « Si l’icône valait… » (ajouté le 19 février 2014)

 

Dans la grande majorité des banques, les principales mises à jour informatiques se font la nuit…

 

- Question :

 

Pourquoi les traders ont-ils l’œil hagard et la mine défaite au petit matin ?

 

- Réponse :

 

Parce qu’ils attendent chaque nuit l’aube au taux misé…

 

 

 

1.0, ou : « Mensonge d’une nuit d’été » (huile sur toile – 61 x 46 cm)

 

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OUBLIE...

 

Sur ma peau, la caresse du vent.

Je frissonne ; le départ est imminent.

Malgré les rires étouffés, dans l’air ambiant,

Ça sent l’adrénaline et les onguents.

 

Chair de poule, poils hérissés…

Coup de pistolet !

 

Les premiers s’élancent avec nervosité.

Lequel d’entre eux franchira le premier

La ligne d’arrivée… ?

 

Les matins d’automne embrumés,

Je pars m’évaporer

Dans ces rais de lumière tamisée

Qui baignent les forêts…

Colonnes diaphanes et reflets mordorés

Qui se jouent des châtaigniers…

 

Courir, c’est magnifique,

Pour ces instants magiques,

Où tu prends ton envol,

Entre chaque appui au sol.

 

Le petit enfant des territoires oubliés,

Court, lui aussi, mais par nécessité...

Il s’enivre de parfums éthérés.

Son pied droit et son pied gauche sont les seuls docteurs

Qui calment ses peurs,

Ses peines et rancoeurs.

Entre chaque impact, il flotte en apesanteur.

Pour faire à sa misère un joli pied de nez,

Il se prend à rêver

Qu’il sera un jour, par la foule en liesse acclamé,

Porté en triomphe, sur les stades du monde entier,

Comme son idole, Hailé Gebreselassié

Le champion à la foulée de libellule,

Œil brillant et sourire malicieux, sous la canicule,

Petit elfe d’Abyssinie, aux pieds ailés,

Souffle des dieux, porté par les alizés…

 

Soudain, sous son pied droit,

Un petit son, métallique et froid,

Et sa jambe vole en éclats !

Et son rêve, brisé à jamais.

Le rêve du petit enfant des territoires oubliés…

 

 

 

 

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Voyage au XVII è siècle par immersion dans un tableau inspiré de Georges de La Tour…

- huile sur toile - 80 X 80 cm

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COIFFURE D’AME

 

Tu es la voile du bateau corsaire

Poussé par le vent de l’espoir qui donne des ailes ;

Tu es le faisceau de lumière qui nous éclaire

Vers la sortie du tunnel ;

Tu es la somme de tous les rêves individuels ;

Tu nous souffles à l’oreille toutes les solutions ;

Tu es la matrice des inventions,

Le ferment des révolutions,

Toi, ma meilleure amie, l’imagination !!!

 

 

 

L’imagination est plus importante que le savoir… (Albert Einstein)

 

 

 

 

Le savoir sans imagination n’est qu’une garde-robe de « prêt à penser »

Pour esprits bornés… (le vilain petit anar)   

 

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FOUILLES

 

Comme ils scintillaient, cuivrés, sous le soleil,

Les cheveux châtains de la fille,

Sur ses lointains ancêtres penchée.

Silencieuse et patiente, petit ange obstiné,

Dans son trou carré de poussière agenouillée,

Elle frottait doucement la terre, avec son pinceau,

Tout autour des os,

Sous l’œil avisé des badauds.

 

Telle un porte-drapeau,

D’une paroi verticale,

Saillait une épiphyse fémorale…

Côtes brisées,

Tibias et fémurs alignés.

A côté, allongés sagement,

Les restes d’un enfant

Qui n’a plus mal aux dents

Depuis fort longtemps.

Et ce crâne isolé,

Souriant à l’éternité. 

 

Restes de vies enchevêtrées,

Avec leurs secrets…

 

Hubert Reeves a bien raison : il est « l’heure de s’enivrer »…

 

 

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… A JEAN-MICHEL BASQUIAT… (ajouté le 17 janvier 2011)

 

 

Enfant de la street, tu jouais à la balle…

 

Puis il y eut un choc mat, un éclair de métal,

Et tu t’es retrouvé sur un lit d’hôpital,

Avec la rate partie en cavale…

 

Enfant trop intelligent, submergé par le doute…

 

Prométhée, « Voleur de Feu », toujours à l’écoute…

 

 

Une fée s’est penchée au-dessus de ton lit,

Avec un livre d’anatomie.

 

Ce livre avait pour marque-page une hostie,

Parfumée aux esprits réunis

De Pablo Picasso, Arthur Rimbaud,

Michel Ange, et le grand Leonardo…

 

Alors, transcendé par la transe, au bout de tes pinceaux,

Tu as posé sur les murs, les planches ou les toiles,

Tes papillons de nuit aux couleurs musicales,

Fleurs aux racines africaines et occidentales…

 

Dans la torpeur du mois d’août, tu avais vingt sept ans,

Quand tout à coup, dans un grand éclair blanc,

La mort t’a fauché,

En emportant à jamais

L’écho de ton cri pictural

Qui résonne toujours parmi les étoiles…

 

 

 

 

 

« … A Jean-Michel Basquiat… » (huile sur toile 90 X 90 cm)

 

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Vos commentaires (de préférence après avoir tout lu…) seront les bienvenus sur mon blog :

http://levilainpetitanar.over-blog.com.over-blog.com/article-4607597.html

 

 

 

 

 

 

 

« A la mémoire du 17 octobre 1961 » (huile sur toile)

 

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FAUX Q…

 

Le sans-culottes se ballade le Q. I. à l’air ;

Et il emmerde les réactionnaires…

 

 

 

 

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ARTHUR

 

Tu as rejoint le Dormeur du Val, imberbe et stoïque.

Lassé des érudits en habits cyniques,

Tu es parti sous le soleil, en Abyssinie,

Sous la brise des soirs, aux envoûtantes litanies.

 

Sous tes pas, le crissement du sable rompt le silence infini…

Toi, l’insaisissable génie,

A vingt ans, tu as cessé d’écrire, car tu as compris,

Que le nectar de poésie

Ne s’écrit pas, mais se vit…

 

Parfois, dans le mugissement de l’océan,

A la cime du pin qui frémit sous le vent, 

Je perçois tes chuchotements,

Comme si tu jouais toujours avec les éléments…

 

 

 

 

La cabane du résinier (huile sur toile)

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BURDIGALA (18 mai 2008)

                                              

Cité située sur un estuaire,

Silencieux sanctuaire de marchés prospères,

 

Où jadis, les seigneurs de la vigne et de la pierre,

Affrétaient les bateaux négriers sur l’estuaire,

 

Où le pimpant Papon, pendant la guerre,

Expédiait des enfants et de pauvres hères,

Tremblants de peur et de misère,

Vers une destination mortifère,

Par les couloirs glacés d’une gare ferroviaire…

 

Burdigala, cité située sur l’estuaire,

Burdigala, cité prospère,

Burdigala, cité portuaire,

Au passé parfois mortuaire…

 

En courant sous la pluie, j’expulse un glaviot vert,

Chargé de souvenirs amers…

 

Burdigala, belle endormie,

 

Burdigala, jadis ouverte sur les colonies,

 

Burdigala, je ne t’ai pas choisie,

 

Un soir de juin, pour pousser mon premier cri,

 

Dans ce « maré-cage » de petite bourgeoisie,

 

Où l’on ne m’a jamais compris… !

 

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MADAME AUCLES

 

Madame Auclès

Avait de grosses fesses

Qui faisaient sa tristesse.

 

Par un beau matin d’hiver,

Elle décida de faire

Un régime sévère.

 

Avant le printemps, elle perdit vingt kilos,

Mais succomba vite au subtil fumet d’un ragoût d’ fayots.

 

Pour digérer, elle s’assit en lotus.

Mais ses flatulences

La propulsèrent en l’air,

Dans la stratosphère.

Aujourd’hui, elle tourne en orbite, autour de la Terre.

Fulgurants, les pets de Dame Auclès

 

 

 

 

Madame Auclès et la cohorte de ses fans (acrylique sur toile).

 

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Rose (huile sur toile)

 

 

 

 

 

Prenez votre billet ; installez-vous confortablement….

Je vous emmène en voyage, pour une visite guidée du :                                                   

 

                                                      

                           VILAIN PETIT ANAR

 

 

 

 

 

 

« Il y a quelque chose de plus important et de plus fondamental que l’ordre social, c’est l’ordre intérieur.

Il n’y a rien, mais rien qui soit plus précieux pour l’homme que son ordre intérieur. »

 

(Alexandre Soljenitsyne)

 

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ESPOIR… 

 

 

Chaque soir,

Quand je ferme les yeux,

Je vois un point lumineux…

 

Une étoile en forme de A, scintillant dans un cercle noir…

 

C’est l’énergie du Big Bang, la force de vie…

 

J’ai nommé le symbole du mot Anarchie…

 

 

 

 

 

Un anarchiste qui a réussi (huile sur toile – 130 X 162 cm)

 

L’idée de cette peinture « métaphorique » m’est venue à partir d’une phrase d’un anarchiste espagnol, évoquant le Christ :

« Jésus Christ… ? C’est un anarchiste qui a réussi… ! » 

 

Depuis 2011, j’ai un peu modifié cette toile, en ajoutant de nouveaux personnages, aux traits et contours faits de minuscules étoiles en formes de A cerclés (symboles de l’Anarchie) comme par exemple Diogène dans son amphore (je dis bien « amphore », et non pas « tonneau », car 400 ans avant JC, les tonneaux n’existaient pas encore), refusant la « générosité » d’Alexandre le Grand, puis Tolstoï (un des rares anarchistes chrétiens), Henri David Thoreau (auteur, entre autres de « la désobéissance civile »),  Nicolas et Bart, Louise Michel, Emma Goldman, Durruti, Louis Lecoin, et d’autres encore, que vous pourriez mieux voir à l’œil nu devant ma toile, aujourd’hui achevée… En bas, à gauche du globe terrestre, et aux pieds de mon « Christ », j’ai représenté l’ancien pape Benoît XVI, enfermé, comme sous cloche, dans un immense préservatif, et faisant un bras d’honneur au tas de crânes, reposant à sa gauche, symbolisant les morts du SIDA…     

 

 

 

 

 

Aucun maître à penser… Je n’écoute que mon intuition… Quoique… Sur ma table de chevet, ou dans mon sac à dos, pour m’accompagner dans le train, j’invite volontiers Franz Kafka, l’imaginatif méticuleux et pessimiste, véritable Jérôme Bosch de la littérature contemporaine, ou bien George Orwell, le visionnaire, ou encore Boris Vian, le musicien, magicien et acrobate de l’esprit, jonglant à plaisir avec les concepts et les mots. Sa puissance imaginative, teintée de lucidité acide, atteint son summum dans les Bâtisseurs d’Empire, l’Equarissage pour Tous, et l’Automne à Pékin, que je ne me suis jamais lassé de lire et de relire, tant la pénétration dans ce monde onirique et ironique me détend mieux les zygomatiques que la notice de montage d’un meuble Ikéa, où les dessins des vis et des écrous ne correspondent qu’avec une très sournoise approximation à la taille et aux formes réelles des pièces enchâssées dans les sachets plastiques… 

Souvent, je compose mes vers à pied. L’inspiration me vient en courant. J’ai alors l’impression de m’envoler, bercé par mes foulées et la litanie du vent, dans une féerie d’odeurs, de couleurs et de lumière.

 

…Le Vilain Petit Anar ?… C’est… juste la surface visible d’un iceberg… A vous de le découvrir,

en eaux glaciales, et en « apnée juvénile »…   

 

Né en 1958, j’écris des poèmes et des nouvelles depuis l’âge de 18 ans. D’un naturel très réservé, je n’ai encore jamais cherché à me faire connaître, parce que cela eût impliqué une démarche publicitaire, aux antipodes de ma sensibilité. Et j’ignore tout du monde de l’édition. Mais aujourd’hui, j’ai envie de soulever le couvercle de la marmite, pour que ça pète !

 

Mais je ne fais que jouer

Avec le peu que je sais…

C’est juste un vice ; et je suis loin d’être parfait.

Je ne fais que lancer

Des mots et des idées,

Sans emphase et sans haine,

Comme un sale gosse dans un magasin de porcelaine…

 

 

 

 

Souvenirs de Savoie (huile sur toile)

 

 

 La lucidité au service du rêve, ici et maintenant ! »

Telle est la clé de voûte de mon existence.

ŒIL POUR ŒIL, ART POUR ART !

 

 

 

 

Etant avant tout artiste peintre, je ne suis qu’un bricoleur de mots, de traits et de couleurs.

Alors j’insère entre mes vers quelques unes de mes toiles.

Et qu’importe le rapport entre l’image et l’écrit…

Seule compte la poésie.

 

 

 

 

Le petit caméléon à moustaches s’adonne à la lecture ferroviaire (huile sur toile)

 

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PROLOGUE :

 

« Gaël Diensid » est français,

De lointaine origine australopithèque,

Comme sa belle sœur Ginette, et son cousin Sénèque.

Je préfère vous épargner

La lecture de son curriculum vitae,

D’une platitude à pleurer.

Ecoutez juste ce qu’il a envie de vous chuchoter,

Au retour d’un jogging en forêt.

Alors, suivez la ligne et… En avant, marge !

 

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LE SAUVAGE ECLAIRE

 

 

En l’an de grâce mille neuf cent soixante dix huit,

Par une nuit d’août,

Submergé par le doute,

Je suis resté étendu sur la route,

Sous les étoiles filantes zébrant la voûte.

J’en ai reçu une dans l’œil,

Qui m’a inoculé le poison acide et vermeil

Du perpétuel éveil !

 

Alors,

A l’heure

Où, dans les urbains complexes,

On met, par réflexe, et sans complexes,

Tous les déviants à l’index,

Je demeure un simple aux pensées complexes,

Un « sauvage éclairé »,

Contre vents et marées,

Pour jeter, dans la grande symphonie du marketing mondial,

Ma fausse note magistrale !

 

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 LE VILAIN PETIT ANAR

 

 

 

Un jour, un chic voyant lumineux, nommé Marc,

Qui en avait marre,

Lut, dans le marc d’un café de marque,

Cet oracle d’un petit génie torréfié,

Suave et gracile volute de fumée,

Qui lui lança, d’un air espiègle et amusé :

« Nique ta  m…Non, maman, pardon… !

J’me trompe de chanson…

Ah…voilà ! J’y suis : Marc, le désabusé,

Toi qui n’es pas énarque,

Nique les modes et les marques !

Cesse enfin d’imiter,

Pour exister.                                                               

 

Ta véritable force, c’est ta musique intérieure,

Ta propre histoire, le galop de ton cœur.

Tu dépéris sur un sac d’or, que tu ignores.

Commence par bouger ton corps,

Et va voir l’envers du décor…

Tu rêves de t’envoler,

Au-dessus du béton, et des flaques d’huile irisées.

Mais, perdu dans la brume, tu te sens prisonnier…

Cesse un peu de courir pour cette carotte,

Vers ce miroir aux alouettes,

Dressé par tes maîtres,

Pour que tu produises, consommes, et rapportes…

 

A la ville ou à la campagne,

Avec ou sans compagne,

Au-dedans, ou au-dehors des cités,

Cultive l’authenticité,

Meilleur antidote contre la cécité.

 

Détache un peu tes yeux de ces « écrans mirages »,

Virtuelles images

Conçues par ces aréopages

De corbeaux et faux mages

Qui voudraient bien s’emparer de ton esprit

Avec leurs flatteries

Envers ton ego et tes envies,

Pour t’hypnotiser,

Pour t’hypothéquer,

Pour te transformer

En petit robot, obéissant et sage….

 

A George Orwell, le visionnaire, rends donc hommage.

S’ils te tendent la perche, pour leur croisière sur le « Nihil », refuse de t’embarquer,

Et méprise leur police de la pensée,

Toujours dissimulée

Sous le jeu des apparences…

Appâts…rances … ?

Nervis…

Sous le vernis … ?

 

En toi, réside une étincelle

De l’énergie cosmique universelle.

Ne la laisse pas s’éteindre !

Il te reste encore quelques braises sous la cendre.

 

Apprends à désapprendre.

Etends-toi sur l’herbe ; laisse-toi aller.

Ose regarder

Le ciel sans t’aveugler…

Chevauchées éthérées,

Nuages échevelés,

Rêves de derniers qui se veulent premiers.

Parfois, tu en étais…

Générations de besogneux béotiens,

Méprisant leurs voisins,

Tels ces paysans, que Jérôme Bosch a peints,

Gravissant avec hargne une charrette de foin…

Pour rien…

Ô, grandeur et futilité

De l’humanité

Face à l’éternité…

 

Laisse encore défiler

Le cours de tes pensées.

Tels des boules de billard, sur le grand tapis vert

De l’univers,

Roulent et s’entrechoquent tes songes sphériques…

 

Et pourtant, tes rêves ne sont pas chimériques…

 

Soigne ta condition physique ;

Réveille ton sens artistique,

Cette arme automatique,

Dont la fonction n’est pas de tuer,

Mais de ressusciter !

Si tu exploites vraiment tes propres ressources,

Tu ne te fatigues pas ; tu te ressources !

Alors, sur toi-même, fais vite un double clic,

Pour exploiter l’icône de ton capital  génétique,

Même si ça gêne les tics

De la boutique.

Gêne…éthique ?…

Et toc !

Fais…

Ce pour quoi tu es fait ! 

 

Je ne cultive pas les vers du quant-à-soi

Pour celles et ceux qui pètent dans la soie.

Salut Pinocchio, je suis ta conscience, le criquet Jimminy.

Exprime toi ; déchire la nuit par ton cri, Ô génie,

Pour geler sur place, réduire à l’inertie

Les fourbes inepties.

Donne un bon coup de pied dans la termitière,

Briseuse de talents, et de pauvres hères…

Je ne m’adresse pas à une élite, dans de hautes sphères.

Contrairement à ce qu’on a pu te faire croire,

La « culture » n’est pas recluse dans une inaccessible tour d’ivoire.

Tu peux faire sauter les verrous des coffres qui enferment le savoir.

Si tu trébuches sur un mot qui t’est réfractaire,

Commence par ouvrir un dictionnaire ;

Ça ne te coûtera pas plus cher

Que d’appuyer sur les touches d’un téléphone cellulaire.

Ta pensée, véhiculée par les mots, est l’essence.

De ton existence…

Petit à petit,

Fortifie ton esprit,  

Et deviens un sauvage éclairé,

N’en déplaise aux hypocrites résignés,

Qui se croient civilisés.

 

Ho, l’ami

Ecoute la nuit…

Laisse couler en toi son silence « maudit »…

Ta propre voie, tu la choisis !

Car même dans l’immobilité,

A pas de géant, tu peux encore avancer.

Surtout, ne te laisse pas influencer,

Par les airs trompeurs

Des grands « libérateurs »…

Acquiers le sens « d’errer alité »…

Réfléchis calmement, face à ton échiquier.

 

Puis, lève toi et cesse de marcher

 

Où tu n’as pas choisi d’aller !

 

Parfait… !

 

Pas…refaits…

 

Gulliver ligoté par les Lilliputiens,

Tranche enfin ce nœud Gordien,

Qui te retient.

Petite marionnette,

Sectionne donc les liens

Qui te relient à tes maîtres. 

 

Le coq vient de chanter.

Les feuilles du marronnier

Commencent à frissonner.

A travers la brume, un éclair argenté

Caresse la pointe de ton fleuret.

Voici ton arme : innocence et lucidité,

Ta « Force Mentale Pure Libérée ! »

 

 

 

 

 

 

 

Autoportrait dans la salle de bains (huile sur toile)

 

 

 

 

 

 

 

 

La parabole des branchés (d’après la « parabole des aveugles », de Bruegel) : 24 x 19 cm - détail d’un panneau peint à l’acrylique, mesurant 38 x 48 cm.  

 

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Damien Hirst, plasticien prétentieux et faussement provocateur, à l’ego surdimensionné, représente pour moi l’archétype moderne des fossoyeurs de l’art. En 2009, à la FIAC, il fit monter lui-même les enchères pour ses cadavres d’animaux enfermés dans des vitrines de formol… ! Et ces horreurs très kitsch atteignent aujourd’hui des prix astronomiques… Pour une autre occasion, il posa fièrement, une tronçonneuse à la main, à côté de ses « œuvres »…

Certes, la liberté d’expression est sacrée ; je ne conteste pas cela. Mais dans ce cas, j’ai moi aussi le droit de démolir Damien à la façon des « anciens », avec mes pinceaux et mes tubes de peinture… C’est pourquoi j’ai intitulé cette toile :

 

« A la gloire de Damien Premier »   

 

 

 

 

 

 

« A la gloire de Damien Premier » (huile sur toile)

 

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CUL BIS

 

Georges Braque

Menait sa barque

Entre des formes géométriques et synthétiques.

C’était là sa tactique, et son tic esthétique.

Et si Braque eût peint des briques,

Ses œuvres eussent été des  «  briques à Braque ».

Pour gravir la côte des enchères, avait-il mis le grand braquet… ?

 

Mais, ceci dit,

Loin de moi l’envie

De me braquer contre Braque.

Ne lui cassons pas la baraque…

 

 

 

 

L’atelier de Guilhem (acrylique sur toile)

 

 

 

 

 

INFORME…A…TIQUES

 

Ta gueule, logiciel de merde !

Pourquoi ne m’obéis-tu pas, lorsque je te demande d’imprimer seulement ma page six ?

 

Je veux juste me servir de toi, tas de quincaillerie binaire,

Fait de tores de ferrites,

Et de matériaux composites

Pompeusement nommé ordinateur,

Comme d’une simple machine à écrire,

Au service de mes idées !

 

Les soi-disant subtilités

De tes programmes

Ont pour moi autant d’intérêt

Que les testicules de Charlemagne.

Ton apparente complexité,

N’est qu’un sournois enchevêtrement

D’innombrables simplicités,

Tout aussi exaltant

Qu’un embouteillage place de l’Obélisque.

Alors, oui ou m…, tu vas me l’imprimer vite fait, cette page six ?

 

Finalement,

J’ai ouvert le ventre de ta souris, puis je l’ai dépoussiérée,

A la pince à épiler,

Au chiffon alcoolisé.

De tes rouages j’ai retiré

Poussières et poils enchevêtrés.

Et ta docile quincaillerie

A nouveau m’obéit.

 

Avez-vous donc une âme, objets inanimés ?

Je m’en fous, pourvu que vous m’obéissiez !

 

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A la sortie du bal des indices boursiers,

Dame Poste avait batifolé

Avec Jean-Claude Trichet.

Et puis, arriva ce qui devait arriver. 

En l’an de grâce deux mille six, premier janvier

La Banque Postale était née,

Toute de gloire auréolée…

Ollé !

Impact-image,

Impression-mirage,

Et pressions sur les employés…

 

Ode à la gloire de nos seigneurs les banquiers :

 

LE GRAND ARGENTIER ( janvier 2006 )

 

 

Je vous souhaite une bonne journée.

Je suis le Grand Argentier… !

Le système doit être parfaitement huilé.

Vous ne devez pas penser.

Seuls comptent les agios d’Albinoni,

Petits pains bénits…

Et vive la petite musique

De mes statistiques.

Point de subversives créations artistiques

Contraires à mon éthique

De la monétique.

Le temps, c’est de l’argent ! Tic, tac, tic, tac, tic…

 

Vite!

Ne vous arrêtez pas,

Pour vous cultiver.

Vite !

Ne vous arrêtez pas,

Pour méditer.

Vite !

Ne vous arrêtez pas,

Pour échanger

Vos idées.

 

Vous devez juste admirer

Ces images d’Epinal

Qui vous sont présentées.

Ayez juste envie de ressembler

A la femme, ou à l’homme idéal,

Avec l’envie d’acheter

Tout ce luxe qu’ils étalent.

Car je veux, ce n’est pas banal,

Atteler le peuple à la charrue du commerce,

Comme…herse…

Marcel… ment, 

Et fait du harcèlement,

Pour qu’à la faveur des indices boursiers,

Je puisse aisément tremper

Une bonne croissance bien chaude dans mon café,

Même si la planète menace de s’asphyxier…

 

Et s’il venait à vous pousser,

Comme Astérix, sur le casque, une paire d’ailes

Pour vous envoler sans bourse délier,

Allez vite vous faire couper

Ces effroyables mèches rebelles

Chez votre coiffeur d’âmes habituel.

 

D’ailleurs, pour vos réjouissances de fin d’année,

Quelques brebis égarées,

Sur l’autel de « Sainte-Bêtise », seront sacrifiées.

 

Pour couronner le tout, j’entretiendrai l’illusion

Que je veille sur vos vies, et votre condition.

 

Les bonnes habitudes ainsi inculquées,

Vous finirez bien, au fil des années,

Par vous espionner,

Par vous autocensurer.

Si, aujourd’hui, le libéralisme

Détrône les totalitarismes,

C’est pour mieux les reproduire, sans leur formalisme.

 

Et je voudrais, au final,

La grande Amnésie Internationale,

Pour faire de chaque être mon vassal…

 

 

 

 

Prestation de serment sur l’autel de Sainte-Bêtise…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Poésie interdite. Huile sur toile ( 50 x 70 cm ). Mars 2008.

 

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HAPPY SIXTIES

 

Au siècle vingt et unième,

Face à ces vieux spectres nommés famine et géhenne,

Monsanto nous refile ses O.G.M….

 

… Je rembobine le film jusqu’aux années soixante…

 

Au-dessus d’Hô Chi Minh, l’avion militaire amorce sa descente,

 

Pour asperger de dioxine forêts et rivières,

 

Sous le soleil des rizières,

 

Chapeaux jaune paille et coniques,

Silhouettes libellules, sous la bruine chimique…

 

Le bonheur est dans le pré,

Mais si l’on vous coupe l’herbe sous le pied,

Le malheur est dans l’après…

 

… Enfants malformés, mutilés…

 

… Monsanto déversait gaîment

Sur leurs forêts ses défoliants,

Pour empoisonner pêcheurs et paysans…

 

Sous le soleil levant, les nuages

Avaient des reflets étranges,

La couleur de « l’agent orange »… ?

 

Dans les sixties, Monsanto

S’est fait de l’or sur leur dos…

 

… Sols acides, eaux…

 

Par-delà les océans,

C’était « happy sixties »,

Mais au Pays du Soleil Levant,

C’était la crise…

 

Mais peu de choses ont changé depuis les sixties.

Aujourd’hui comme hier, on nous hypnotise…

 

Le commerce est un théâtre, à l’instar du show-biz.

 

Quarante ans après, Monsanto revient dans l’arène,

Avec ses O.G.M., florissants dans nos plaines.

 

Monsanto a changé de tactique ;

Il a trouvé sa baguette magique.

 

Monsanto, le chimiste empoisonneur

Se déguise aujourd’hui en généticien sauveur…

 

 

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TOTO FAIT D’L’AUTO DERISION

 

J’aime l’équilibre ; je mange équilibré ;

Je bois équilibré ;

Je dors équilibré ;

Je pense équilibré ;

Je baise équilibré.

Bref, j’ai une vie équilibrée.

J’suis bio, de la racine des ch’veux jusqu’aux doigts d’pieds.

J’veux mourir en bonne santé.

J’irai au cimetière en p’tites foulées,

Histoire de dérider la funèbre assemblée.

J’irai nourrir des vers

Qui ne f’ront pas d’urticaire.

Puis j’inviterai

Mes voisins d’palier

A une méga fête.

Toutes les nuits,

Pour conjurer l’ennui,

On boira du sirop d’épithètes, dans des calebasses en tek,

Avec nos ancêtres australopithèques.

Et nos squelettes

Joueront des castagnettes.

 

 

 

 

Le parc de Gif sur Yvette ( Essonne ) ( acrylique sur toile ).

 

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JEU DE MODES

 

 

Les modes passent…

 

Le mot de passe,

 

Aujourd’hui à la mode, et demain dépassé…

 

… Mode d’emploi et modalités

 

Des modes alitées,

 

Des mondanités,

 

Ou des monts d’Anita…

 

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JARDINS

 

 

Toute pimpante, parée de métal chromé,

Avec force décibels, la moto éructait,

Par son pot d’échappement mal réglé,

Six belles hétaïres bien roulées…

 

Avec ses formes régulières, dense et drue,

Légèrement recourbée, sur son extrémité pointue,

Comme un pied de danseuse, avec sa pointe tendue,

Mes doigts bien serrés

Sur ses picots érigés,

La pomme de pin

Se love au creux de ma main.

 

Une odeur de bois brûlé,

S’échappant de quelque cheminée,

Se répand au cœur de la forêt.

Tandis qu’une tronçonneuse entonne sa funeste mélopée.

 

Je n’ai jamais débroussaillé

Mon jardin secret,

Où j’ai laissé proliférer

Des onomatopées

Hypertrophiées,

Au bon jus d’automate irriguées.

Concerts de machines et de cylindrées,

En irréels conciliabules transformés,

Au son de ma musique intérieure filtrés.

Délires insensés,

Pour le béotien illettré,

Tout comme pour le fin lettré,

Trop bien cultivé,

Pour se pâmer,

Les soirs d’été,

Aux cris lancinants des martinets…

 

… Mais, de vous à moi, un jardin se crée,

Notre jardin secret… !

 

 

 

Percé

 

Après

Avoir percé

Des trous dans ses murs, et une carrière à Hong-Kong,

Le gentil mandarin

Rangea son mandrin,

Puis se rendit au meeting en tongs.

 

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TISANES ( 23 juillet 2007 )

 

A la Grande Tisanerie, de gentils ânes,

Polémiquaient sans états d’âmes,

Sur le devenir du Grand Cirque à Finances.

 

C’était la grande « Cirque-Conférence »,

Où l’on s’envoyait à la face

Des sachets de tisanes,

Bref, une fiévreuse « lutte par tisanes ».

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SIX

 

Cent onze fois deux,

Deux cent vingt deux,

Fois trois, six cent soixante six…

Si !

 

Ainsi, la Béatrice,

La belle actrice,

S’est soumise à un six.

 

Les courbes en S de Béatrice,

Sous les assauts du six ?

Si !

Ah ! Là, j’en suis resté assis.

 

Mais, au fait, ma Béatrice,

Es-tu bien sûre que ce six t’aime,

Sans ton totem ?

 

 

 

 

Béatrice ( lotte au portrait ).

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STATS

 

Notre vie a-t-elle un sens ?

Mon amour, quelle courbe de croissance

Rivalise avec tes courbes et ton élégance ?

En cette fin de journée, je me suis éloigné

De mon clavier, pour me regarder travailler.

J’avais l’air d’un besogneux benêt.

Il me fallait rentrer les « STATS »

Au pluriel, et à l’envers, « STATS »

Se lit toujours « STATS ».

Et ça rime avec U.S. States…

Cessons ces « STATS » ingrates,

Avant d’être atteints d’un cancer de la prostate,

Mettons un terme aux STATS !

 

 

 

 

 

 

Courbe de croissance (détail d’un panneau polyptique nommé « kaléidoscope », peint à l’acrylique)

 

 

 

 

 

 

Maison en vallée de Chevreuse, échappant aux statistiques des  équipementiers en thermostats.

 

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LIGNES ET COURBES

 

Le petit cercle vicieux avait dansé

Le quadrille à terre

Avec un vieux quadrilatère

Atteint de la maladie du carré.

Et puis, un jour, un heureux événement était arrivé.

La quadrature du cercle était née…

 

 

 

 

 

RAT COMPTE …

 

 

Un… capuchon de verre sur ma bougie, pour éteindre ma flamme,

 

Deux… yeux noisette, pour voir les cuisses des femmes,

 

Trois… tours de stade en trois minutes, une seconde et deux dixièmes,

 

Quatre… carpes, Eddy aime…

Carpe diem…

 

Cinq… touristes béats qui batifolent ( it’s beautiful… ) au sommet de la tour de Pise,

 

Six… exquises esquisses de Béatrice assise,

 

Sept… députés dépités, débitant leur programme aux élections municipales,

 

Huit… scribes corrompus, sous le règne d’ Aménophis quatre, condamnés au supplice du pal,

 

Neuf… culturistes pédants au régime sans sel, pédalant sans selle, en salle,

 

Dix… l’ogre zéro, qui s’ croit malin, en suivant l’un pour faire la dizaine, 

 

Dévore les nombres à la table de multiplication, et sort en rotant, avec sa mauvaise haleine.

 

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MANTE

 

La mante religieuse était au plus mal.

Elle n’avait plus envie de dévorer son mâle.

Sur son lit de feuilles, elle restait alitée.

C’était une mante alitée.

 

 

 

 

Mirabel aux Baronnies. Eté 2001… ( acrylique sur toile ).

 

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LES NOUVEAUX CONQUERANTS

 

Briefing

Reporting

Et autres termes en « ing »

Corollaires de marketing…

Think tanks to drink… ?

 

…Etrange phonétique,

Tiroir-caisse, et jackpot music…

Voici venu le chant

Des nouveaux conquérants.

Néologismes « franglais »

Pour « people » parlant peu ou pas l’Anglais…

 

Petit Eric,

Ne mets pas tes doigts dans l’entreprise électrique,

Où la vraie culture s’amenuise,

Pour laisser place à la culture d’entreprise.

Nos chefs adorent les compromis, les « scénarii »,

Dussent-ils même négocier aux puces Dei…

A Hong-Kong, Paris, New-York, ou au siège de l’Opus Dei.

 

Appel à candidature :

« Recherche Jésus, pour briefing avec marchands du Temple. »

 

 

 

 

 

Kaléidoscope (acrylique – panneau à six facettes)

 

 

 

 

ERREUR DE JEUNESSE ( décembre 2005 )

 

C’est écrit en italique,

Sur l’enseigne de la boutique :

« Gavage cérébral, à satiété »

…Pardon : « Société ».

Brûlant sept voitures et les étapes,

Il mit les pieds dans le plat.

…Société ?…

La sauce…n’y était pas…

 

 

 

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ASSEMBLEE NATIONALE ( mars 2006 )

 

Avec leurs encyclopédies et leurs monocles,

Les sénateurs- cyclopes enfourchent leurs cycles.

Maniant la langue de bois, ou le «  kärcher »,

Jeux d’équilibre, roues avant, roues arrière,

En demi-cercle, députés et ministres délibèrent.

Ainsi naquit l’hémicycle

Aux parlementaires «  cyclo-cyclopes » cyclothymiques.

 

Ils se servent de nos peurs comme d’une arme,

Puis ils tirent les sornettes d’alarme,

Pour faire rentrer dans le rang

Tous les récalcitrants.

Ils voudraient que dès quinze ans,

Comme en d’autres temps,

Le travail des jeunes fût permis,

Même la nuit…

A chacun ses œillères,

Droit dans ses bottes, et dans les ornières.

Ils veulent atteler le peuple à la tâche,

Pour huiler les rouages

D’un moderne Pays Sage…

La précarité des jeunes, c’est pas moi, c’est pas eux.

Et le pimpant Villepin pond le Cépéheu.

Le C.D.D… ? C’est pas moi ! C’est Dédé ; et parfois, C.N.E…

C’est haineux… ?

 

Un p’ tit coup d’ baguette magique

De la sorcière Clearstream,

Et hop, voilà quelques comiques

Qui s’ retrouvent en string sous le climat du Gulf Stream…

 

Aux caricatures du gri-gri, ces messieurs sont allergiques,

Car nos chers énarques ont leur éthique et leurs tics.

…Enarques- aux- tics… ?

 

 

 

 

Cyclo-cyclope ignorant l’hémicycle.

 

 

 

 

Cyclope à l’encyclopédie, préparant son discours dans l’hémicycle.

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PESANTEUR

 

Un dix sept juin, jour de forte chaleur,

Monsieur le ministre de la pesanteur

Décréta

Qu’il fallait changer la loi…

 

Humains et animaux,

Plantes, matières et minéraux,

Tout devait être allégé.

Le coefficient du temps au carré,

Un demi de gé,

Fut déclaré mort

Pour la chute des corps.

Le décret fut approuvé

A l’unanimité.

Aussitôt dit, aussitôt fait.

Et l’air chaud de juin semblait vibrer de volupté,

Avec toutes ces silhouettes allégées,

Flottant dans l’atmosphère,

Sous les fenêtres du ministère.

 

 

 

 

Monsieur le ministre de la pesanteur a modifié la loi… ( acrylique sur toile )

 

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SIRE ( décembre 2005 )

 

Bruits de poudre, mats et assourdissants,

Rictus et cris d’effroi, piétinements,

Chevaux hennissant.

Après les batailles, le silence et le vent…

Brouillard , poussière,

Haine guerrière,

Partie en fumée.

Fantassins, pour qui le temps s’est arrêté.

Grognards, gisant dans le froid, enlacés

Pour l’éternité.

 

Les doigts, boudinés mais agiles,

Frétillèrent sur les touches du « digicode civil »,

Qui fit se refermer la sinistre porte d’enfer,

Sur le Peuple d’Ebène, au fardeau de misère.

 

A quelles fins, feu le stratège,

Qui rétablit l’esclavage,

Fit-il usage

De sa précieuse matière grise ?

Puissance et terres conquises ? 

Pour cortèges de vies

Anéanties ?

 

Sire, du haut de vos vanités,

Deux siècles vous contemplent, sous les fleurs fanées

Et les feux follets.

 

Vastes conquêtes,

Et p’tite…

 

 

 

 

 

 

La guerre du Kosovo (détail d’un panneau polyptique peint à l’acrylique)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’esprit d’entreprise (dessin au fusain et crayon)

 

 

 

 

LENTEUR ( 25 juillet 2007 )

 

Un des drames de notre époque est l’adjectif réactif,

Qui phagocyte le créatif.

 

Sous toutes les latitudes et tous les horizons,

Dans les camps, les bagnes, les prisons,

Les geôliers

Ont souvent contraint les prisonniers

A une épuisante et infernale rapidité,

Pour effectuer

Des tâches qui brillaient par leur stupidité.

 

Au-delà des corps, c’étaient les esprits qu’ils voulaient écraser…

 

Aujourd’hui, la plupart de ces gardiens

Arborent un masque plus humain.

Mais je me méfie comme de la peste

De tous ces petits chefs d’orchestre,

Qui, sous le prétexte de notre bien commun, voudraient nous transformer

En petits rats domestiqués, sophistiqués, formatés,

Attendant, chaque nuit, l’aube au taux misé…

 

…Alors, je passe leur beau lifting soft et virtuel

Au vitriol…

 

…Je revendique haut et fort

Le droit à la lenteur,

Contemplative et calculée !

 

 

 

 

 

 

 

 

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COMME

 

Comme

Lilliput pour Gulliver,

Comme

La rouille sur le fer,

Les petits esprits

Rangent ce qui les dérange,

Et rongent

Les génies.

 

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EAUX TROUBLES… ( 31.01.08 )

 

 

Calculateurs prodiges, ils cherchent souvent l’ombre

A l’abri des nombres…

 

Ils refusent de nous livrer

Leur musique intérieure, si bien codifiée…

 

Notre monde est trop petit pour leurs rêves démesurés…

 

Leurs yeux sont calmes et froids comme le fond des océans.

 

Leurs silences et leurs sourires absents

Tutoient l’infini et le néant.

 

…Mais…

…Quand les autistes s’éveilleront,

Les gens ordinaires trembleront…

 

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POURQUOI…

 

 

Pourquoi

Vouloir faire toujours plus et mieux que les concurrents,

Au pays des marchands… ?

 

… Les marchands…

… Disent qu’en marchant,

L’on perd son temps…

 

C’est pourquoi ils nous ont assis,

Tassés d’un accord tacite,

Dans de rutilants écrins,

Roulants ou aériens,

Dans des bus, des trams, des avions,  des trains,

Des métros,

Des camions, des autos,

Sur des motos,

Avec des plaques et des numéros,

Et des vitesses à doubles zéros,

Pour faire croire à des crétins qu’ils sont des héros.

 

Pourquoi…

 

Vouloir faire triompher un matériel idéal

A l’étal…

…Létal…    

 

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SILENCE

 

Une guerre germe sur le terreau

Des malentendus et des quiproquos.

Avant d’éclater,

Elle pousse lentement, pendant des années,

Sous la bienveillance

D’un vénéneux silence,

En attendant que la Grande Muette lui délivre sa licence…

 

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LE BAL DES ABEILLES

 

Maya l’abeille

S’est fait rogner les ailes.

Alors, elle s’ennuie, et s’envoie des e mails,

A défaut de faire du miel.

 

Va donc voir si j’y suis, sur ton écran vermeil,

Qui craint la lumière du soleil.

Mais, chut ! Silence…Le système nous surveille…

Gare à la faille.

Faut surtout pas que j’me taille,

Les doigts d’pied en éventail.

Je m’suis fait tout p’tit devant un tas d’ferraille…

Matériaux composites et plastique,

Codes barres ou étiquettes, pour toute éthique.

Clavier serti

De touches « AZERTY ».

C’est où la sortie ?  …

 

 

 

 

Pour les toilettes, c’est au fond à droite.

 

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…Au numéro « deux pi », rue Dupressoir-Chailloux, à Antony…

 

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FORTS BROYES ( 14 juillet 2007 )

 

L’élitisme est un leurre

Pour esthètes réactionnaires.

 

Les « forts » écrasent de leurs pas militaires

Les libellules des doutes éphémères…

 

Ils adaptent leurs rêves à leurs limites, au lieu du contraire…

 

Ils savent juste regarder en face,

Sans complaisance,

Leurs propres faiblesses,

Pour anticiper,

Se projeter sans états d’âme dans les futures difficultés…

 

Ils font la guerre aux rêves spontanés

Sources de subversive créativité…

 

Et gare à celui qui ose errer alité

Dans leur champ des réalités… !

 

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CHEMIN

 

Vers quel paradis cheminaient les âmes,

Au Chemin des Dames ?

En première ligne, ils montaient de plus belle,

Et gare au retour de manivelle

Du général Nivelle.

Nivelle ? m’en parle pas !

Sur le chemin boueux, nivellement par le bas…

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UN MARECHAL 

 

Invité sur les lieux d’une inondation,

Monsieur le Président Maréchal Mac-Mahon,

Qui n’avait jamais chatouillé de macaques à Macao,

Arborait son air entendu, ses épaulettes, et ses macarons.

Ignorant tout du cluedo,

Il s’écria : « que d’eau, que d’eau… ! »

 

                                   

L’ Adour à Saint Jean Pied de Port ( Pyrénées atlantiques ) ( huile sur toile ).

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IL N’Y A PAS PHOTO

 

Le gentil photographe,

A ses heures calligraphe,

Fait des fautes d’orthographe,

En noir et blanc, c’est plus classe.

 

 

 

Paris – Rue Parc Montsouris ( huile sur toile ).

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IL PLEUT DES CORDES

 

…Ecoute le brouhaha des médiocres, ces gnomes manichéens,

Ces lilliputiens,

Qui ligotent les grands esprits,

Avec leurs codes et les cordes de leur mesquinerie…

 

 

 

 

 

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GROSSIER

 

La grossièreté,

Ce n’est pas forcément l’usage de l’argot,

Ni les allusions à la libido,

Ni les attitudes désinvoltes, ou négligées,

Chez des êtres, d’ailleurs, souvent dotés

D’une noblesse cachée,

Telles ces gargouilles, grimaçantes et exquises,

Qui ornent les églises.

 

Non, la grossièreté,

C’est vivre en besogneux béotien,

Qui méprise son voisin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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BOUCLIER (ou : “Diabolo-hic”)

 

Ho, l’ami,

Ce que tu as compris,

Garde-le pour toi, là… ! Dans une case,

Bien à l’abri

Des stupides oukases,

Et mesquines railleries.

 

Et ne te livre pas au citoyen lambda

Que tu ne connais pas.

S’il a différemment cheminé,

Il ne te comprendra pas.

Hypocrite et sournois,

Œil torve, fouine étriquée,

Il feindra de t’écouter avec intérêt.

Et peut-être ira-t-il jusqu’à te calomnier,

Ou pire encore, qui sait ?

 

Ecris ! Le meilleur confident, reste le papier, ou le clavier.

 

Parfois, même, accepte de t’égarer

Dans des univers qui te sont étrangers,

Pour mieux remplir

De nombreux souvenirs

Le congélateur de ta pensée ;

Pour mieux enrichir

Ta spiritualité.

 

Reste irréprochable et discret.

 

Observe tranquillement les errances

De ces armées de narcisses, trop soucieux de leur apparence,

Pour percer les mystères des vérités cachées…

 

Attends ton heure, observe, écoute, réfléchis,

Dis-toi juste que tu es au spectacle, détends-toi, et souris…

 

 

 

 

 

VIBRATION

 

Dans la ville endormie, c’est une vibration d’airain.

L’amour, ça n’a l’air de rien, et ça n’est presque rien.

Mais rien…

N’est, sans l’amour.

 

 

 

 

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PRIS

 

Etre pris pour un c…

Par des c …

Est un signe de haute distinction !

Le nez dans le présent, et dans le guidon,

Ils n’auront jamais ton intuition.

A la fin, face à la horde des c…  

L’aura du poète aura toujours raison.

 

 

 

 

 

 

 

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SUR L’AIRE, HAINE VINT

 

La haine, c’est très malsain.

Mais, hélas, ça ne mange pas de pain,

Et c’est souvent trompeur,

Et c’est parfois charmeur,

Surtout lorsqu’on a peur.

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A.D.N. ?

Je suis las des haines.

 

 

 

 

 

 

  

Arbre à onomatopées, derrière le muret…

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CENSURE

 

C’est une armée

De gentils douaniers,

Incapables de s’envoler,

Mais sagement occupés

A rogner

Les attributs du sujet…

Les ailes du poète hors sujet…

 

 

 

SOLEIL

 

Le soleil,

Chez les  Mireille,

C’est bronzette, et « m’as-tu vu », à tout prix,

Régimes, et tenues dernier cri.

Le soleil,

Chez les Mireille,

Ca réveille

Désormais les hormones, et ça endort l’esprit

 

 

 

 

 

 

 

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SCHISTE

 

Tout le contraire

Du joyeux militaire,

L’anarchiste organisé,

Parfaitement indiscipliné,

Mais auto - discipliné.

Tout à la fois

Général et soldat

D’une unique armée

Dont il est le seul guerrier.

 

S’il le fallait, il enfilerait des perles à rebours,

Pour que plus jamais n’aient lieu de nouveaux Pearl Harbor,

Sans nids d’hirondelles, ni d’Hiroshima, mon Amour…

 

Un mètre soixante quatorze, cinquante huit kilos tout mouillé.

Pour un guerrier pacifique, ce n’est guère épais.

Mais il ne faut pas s’y fier,

Ni opacifier.

 

 

 

Attention !… Dans la niche murale, se cache un anarchiste déguisé en saint… 

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GALETS ( janvier 2006 )

 

L’âme d’Arthur Rimbaud

S’est dissipée dans la couche d’ozone…

Voici venu Rambo !

Sylvester Stallone,

Et Conan le Barbare, Arnold Schwatzenegger !

Deux neurones autoritaires

Sur un quintal de chair,

Maniant la loi, comme un tambour aux galères…

Métaux lourds plombant la ceinture,

Fini le culte d’Epicure,

Et piqûre fatale

Au sérum létal,

Pour ce malheureux bouc émissaire

D’une société si sectaire.

 

Mais, chut !…Silence, en ce début de millénaire…

Quelle étrange ère,

Où, l’air de rien, des sectes errent

Sur nos aires, pour nous faire taire,

Sans prise de tête, ni prise de terre.

Terre à relents nauséeux de xénophobie,

Chez des béotiens pas zen, à phobies…

 

Sous nos autoroutes culturelles, des souterrains,

D’où Big Brother nous surveille sans fin.

Gentils rahéliens qui déraillent en braille,

Et crise sociale qui sort des rails.

 

Petits et grands versificateurs des cités,

Que nos énarques aimeraient bien bâillonner,

Pour faire le silence, dans la cécité,

Aériens acrobates, au Cirque de l’Esprit,

Hélas, trop souvent incompris,

Continuez de lancer, sans vous décourager,

Vos rimes-galets,

Pour faire de jolis ricochets,

Sur la mare aux crapauds ankylosés…

 

 

 

 

…Rencard au bord du  lac, pour faire des ricochets… ( acrylique sur toile )

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FAIT DIVERS

 

Au petit matin, en cette fin d’hiver,

Sur sa bicyclette, le paisible globe-trotter,

Parcourait le monde, avec son baluchon,

Vers d’oniriques horizons.

Peut-être, arpentait-il en rêve la muraille de Chine,

Tandis que la Garonne laissait échapper une brume diffuse de son échine.

 

A des années-lumière,

Un décérébré, gorgé de whisky et de bière,

Après quelque rixe avec ses congénères,

Franchissait en catimini

La sortie d’une boîte d’ennui.

Dehors, sa bêêê-meeeuuh double vé,

Rutilante et docile, l’attendait.

Tout en douceur, le champignon obéit à son pied.

Sous ses yeux rouges et gonflés,

Les lumières de la ville défilaient.

 

Soudain, à la sortie du Pont de Pierre,

Un choc, violent et mat, d’acier et de chair.

Et le globe-trotter gît à terre.

Et les roues voilées, dans le vide tournaient.

La bicyclette, aux lourdes sacoches, renversée.

Elle seule, semblait le pleurer…

Adieu, îles chatoyantes, aux parfums musqués,

Rêves de l’aventurier,

Partis en fumée.

La fumée de la boîte d’ennui, aux brumes de la Garonne mêlée.

Sinistres feux follets…

Et le noctambule anencéphale s’enfuyait,

Au volant de sa bêêê-meeeuuh double vé.

L’animal ne connaît que la lâcheté…

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TRAVAIL DES ENFANTS

 

Péché vénal ou véniel,

Pour vêtir de belles gazelles,

Avec ou sans ombrelles,

On fait travailler des enfants

Au pays du soleil levant.

Nike nique leur enfance, et prend l’énergie des « papooses » pour cible…

Ceci n’est pas possible…

 

 

 

 

 

MALHEUR

 

La porte de tous les malheurs

S’ouvre, lorsqu’on est gouverné par la seule peur.

 

 

 

 

 

SUISSE IDEE

 

Certains jours,

Où je me sentis malheureux et gourd,

J’eus bien envie de tirer ma révérence

A ce monde, trop axé sur les apparences…

« A part Hans »…

 

Ce qui m’a sauvé, c’est écrire,

Peindre, et puis courir,

Et surtout, le sourire

De ma petite fée,

A la voix cristalline, et aux cheveux dorés…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                             

 

 

 

 

 


 

 

… Défense… de le dire avec des fleurs… ?

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EPICES ET NUANCES

 

Mis à part

Les subtils contrastes, sur un tableau de Renoir,

Comme « la petite fille à l’arrosoir »,

Je n’aime pas les nuances !

Nuances ?

Sorti de la toile, ou de la partition, ce mot prend le sens

De sordides calculs sentant le rance…

 

Hans,

Tombé des nues, et tout en nuances,

Partage sa vie

A Nice, avec Nancy.

Hans

Aime les épices, et pense,

Devant un verre d’anis,

A Belvès,

Aux belles fesses

De sa maîtresse

Qui réveilla ses sens,

Et qui vit à Sens,

Dans l’abstinence, et sans absinthe, en son absence.

Et, si Nancy le sait, c’est sans incidence.

Les noyaux de leurs atomes crochus sont si denses…

Demain, ils partent pour Byzance.

Tandis que moi,

Parfois,

Je pars à Noïa…

 

 

 

 

Hameau provençal caractérisé par son absence de paranoïaques.

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POISON…

 

Salut, copieur,

Co-pilleur,

 

Toi, dont le seul talent

Est l’art mineur de l’entregent…

 

Si tu n’est pas toujours à la hauteur,

Dans ta bassesse, tu te verrais bien auteur,

Sous le feu des projecteurs,

Avec les paillettes et la « gent du leurre »…

 

… Mais… tout petit, je suis tombé

Dans un piège à rimes, au fond d’un grenier,

Où l’écho de la ville me parvenait,

En volutes sonores,

Peuplant de spectres retors 

Mes univers multicolores,

Entre silence et poussière,

Clairs-obscurs et lumière…

 

… Depuis,

Mes vers sont dans le fruit ;

J’y suis habitué…

 

… Si tu veux les torpiller,

Comme

Le trésor des Templiers,

Tu vas t’empoisonner ;

Et ce sera bien fait

Pour ta pomme… !

 

 

 

 

(Lézard-plastique – acrylique sur toile – 46 X 55 cm)

 

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RADIEUX

 

A cheval sur avril et mai,

En l’an de grâce

Mille neuf cent quatre vingt six,

Je participai

A une épique épopée,

Une course à pieds, en relais,

Qui partait de Paris,

Et se terminait

Dans l’antique cité d’Olympie.

Et Tchernobyl se parait d’un tragique incendie…

 

L’ultime étape

De mon périple

Fut un marathon,

Que j’ai peut-être couru sous quelques radiations…

 

Aujourd’hui,j’ai la thyroïde dans les talons,

Mais, nulle rancœur, à mon horizon.

N’est-ce pas, Achille Talion… ?

 

 

 

 

 

 

CONSTAT ( janvier 2006 )

 

Clemenceau ? No comment !…

Constat à l’amiante…

Et la grippe aviaire nous mit dans la fiente.

Notre beau bateau poubelle fut prié

De gentiment retourner

Dans nos eaux territoriales, pour être désamianté.

Et notre Michèle Alliot-Marie

En fut fort marrie.

Mais, qu’importe, nous allons accompagner

Ces pauvres indiens, sur la route du progrès.

Notre industrie a de l’énergie a revendre,

Aussi, nous allons vite apprendre,

A l’eunuque, et aux pauvres hères,

L’usage des belles centrales nucléaires

Que nous allons ériger sur leurs terres.

 

 

 

 

 

 

Un génie, c’est tout simplement

Un enfant,

Qui, en grandissant,

A su désobéir aux injonctions

De celles et ceux qui lui commandaient

De s’amputer

De son imagination…

 

 

 

SAUVAGE

 

L’enfant que l’on croyait semi autiste,

Eût raison de snober le loto des droguistes,

A la foire aux marionnettes, et aux faux altruistes.

Aujourd’hui, c’est un artiste

Qui arrose leur piste

D’un superbe jet

De liquide doré

A trente sept degrés.

Eugène nie son génie.

Pour sa mort, il refuse la cryogénie.

Il tient à remercier

Ceux qui, dans son passé,

L’ont bridé, et fait trébucher.

Son sens de la métaphore, ils ont exacerbé… !

 

Le coureur de fond, médiocre au cent mètres,

Sans maître et sans mitre,

Nulle idole n’imite,

Même s’il fait parfois le pitre.

Pour le combat de ses rêves, il milite sans limite.

Comme les Hottentots, il reste authentique.

Il entre en scène à sec,

Avec son radar intrinsèque,

Anti-mythe, et anti-secte. 

 

Eugène n’est pas très sage ;

Il dédaigne les éloges.

En cadence, au rythme de ses foulées,

Il compose ses vers à pied,

Qu’il n’hésite pas

A mettre dans le plat !

L’allumage de sa machine à piéger les mots,

Très écolo,

C’est le cocktail de son histoire et ses gènes,

Lubrifiés au sans- gêne.

Et…Tout fonctionne à l’oxygène… !

 

 

 

 

… Un génie de la forêt se cache derrière la serviette…

 

 

 

 

TEMPS PIS

 

 

Nous vivons un temps, où le temps,

Ce grand frère de l’argent,

Est le grand dominant.

Le souci d’immédiateté,

Qui prime sur la qualité,

Nous anime,

Et lamine nos acides aminés,

Dans nos vies de personnages de dessins animés.

…L’adjectif « réactif »

Phagocyte le « créatif »…

 

Un beau jour, l’homme choisit un repaire

Tout à fait arbitraire :

La rotation de la Terre.

Son tour de stade autour du Soleil, il divisa par douze,

Pour compter ses partouzes.

Puis, il fractionna par deux fois douze

Le petit tour d’ivresse de sa vieille mère porteuse,

Cette grande toupie, dervichette- tourneuse,

Aujourd’hui âgée

De trois milliards d’années.

 

Mais,… imaginez une seconde qu’elle s’emballe

Et devienne folle…

Notre vieille Terre,

Subitement atteinte de la maladie d’Alzheimer,

Effectuerait en une heure sa rotation,

Puis, autour de l’astre, en quinze jours , sa révolution.

Nous vieillirions alors d’un an par quinzaine.

Nos vies n’excèderaient guère quatre années d’amour ou de haine.

Notre vision temporelle

En prendrait un sacré coup dans l’aile.

Pas vrai , Lionel ?

Alors, trinquons à la santé

D’Hubert Reeves, car il est l’heure de s’enivrer.

 

Mais au fait, une heure, c’est le « temps » que met la Terre

Pour faire

Un vingt quatrième de tour…. ?

Pardon, vous avez dit : « temps »… ?

Ainsi, définir sans périphrases le temps,

Et sans réutiliser ce fichu mot : « temps »…

Le défi n’est pas un tantinet tentant…

Si vous y parvenez, je vous tire ma casquette,

Dans une belle courbette,

Jusqu’à la pointe de mes baskets…

 

 

 

 

 

 

 

…Prenons le temps… avant qu’il ne nous prenne.

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PAUL LIT TESS ET DES S. POIRES

 

Souvent, les plaisanteries

Sont des plaies enterrées…

 

 

 

 

LA BALLADE DES PENDUS…

 

… Petite musique de chanvre… 

 

 

 

 

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BORIS

 

Boris Vian, anagramme du « Baron Visi », visite

Ses propres rêves, et m’invite

A le suivre en son labyrinthe

De songes sans absinthe.

 

Boris, lorsqu’un de tes personnages proclame

Que le pluriel d’ « un général », c’est : « dégénérés »,

Tes pirouettes et tes anagrammes

Sont toujours d’actualité,

Et n’ont pas pris un gramme…

 

Prodigieux athlète, sur les stades de l’esprit,

Tu te promènes aujourd’hui

A travers les galaxies.

Et tu dois bien rigoler, sur ton nuage d’organdi,

Au « Collège de Pataphysique », entre jazz et poésie…

 

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MASCULIN,  FEMININ…

 

Le cerveau féminin

Réussit souvent les examens,

Car il est obéissant et discipliné.

Il sait se conformer, sans trop rechigner,

A tout ce qui peut lui être imposé.

 

Elles savent gérer

Plusieurs choses à la fois,

Car elles ont trop les foies

D’arrêter le cours de leurs pensées

Exclusivement sur une seule idée…

C’est la peur qui les fait rebondir et se disperser

Au coup de sifflet

D’un invisible maître en leur âme caché…

 

Quand elles étaient petites, on leur a trop défendu de musarder…

 

Petits caméléons bien sages,

Elles suivent les modes, pour ne pas être en marge,

Et flagellent parfois leur corps, pour garder l’image.

 

Pour leurs progénitures

Et les générations futures,

Elles dissimulent le fruit de leur imagination,

A la récréation,

Car elles préfèrent une saine procréation

A la création,

Qui les laisse sans réaction.

 

Ayant peur du vide, elles aiment remplir de modernes objets la maison.

Elles appellent « liberté » la soumission

A leurs propres illusions,

Dont les commerçants, ravis, exploitent le filon…

 

Mais je connais toutefois quelques exceptions,

Pétillantes d’humour, et d’imagination,

Telles mes trois petites fées,

A la voix cristalline, et aux cheveux dorés.

 

Et je nourris le plus profond respect,

Au regard du présent et du passé,

Pour ces superbes héroïnes

Sans manteau d’hermine,

Ces belles « égéries - troubadours »,

Côté jardin ou côté cour,

Telles Louise Michel, Ingrid Betancourt,

Vestales de l’esprit au feu sacré,

Toujours prêtes à lancer un pavé

Dans le marc, quand c’est trop fort de café.

 

Mais hélas, partout ailleurs, au son des cloches et des clichés,

A Clichy, Veaux, vaches, cochons, Arcachon ou Vouvray

L’esprit féminin glisse avec souplesse,

Et surfe à la surface…

Comme mes mains

Sur  tes seins,

Et sur tes jolies fesses…

 

Mais, rassurez-vous, chères petites souris.

Les balourds machos traînent aussi

Leur gros baluchon de connerie,

Avec leurs rires gras, leurs bancales stratégies,

leurs missiles, canons et fusils,

Les siècles de brimades qu’ils vous ont infligées,

Leur fausse force tranquille de pantins articulés,

Qui dissimule mal

L’intrépidité du mâle.

Image papier glacé

De fausse virilité.

 

 

 

 

 

 

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SANS TITRE

 

Je vous aime, Ô mes échecs et désillusions,

Car vous êtes le ferment de mon inspiration.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ETRE AUTHENTIQUE, OU NE PAS ETRE

 

 

Etranger à lui-même, étranger sous le ciel,

Le papillon de nuit a déployé ses ailes.

Sa chrysalide est seule parmi les fleurs de sel…

 

Quand le coureur à pied

Se sentira fatigué, désabusé,

Déshydraté,                                                                     

Au prorata

De ses desiderata,

Quand ses vers seront vides de toute eau de vie,

Quand ses sonnets sonneront la rondeur et l’absence d’envie,

Quand la germination d’une idée,

Le glissement du pinceau sur la toile, ou du crayon sur le papier,

Ne le feront plus bander,

Quand tes rires, et ceux des enfants,

Lui seront devenus indifférents,

Quand il n’agira plus avec la chair de poule

Du gamin qui va commettre un forfait,

Il ira se fondre dans la houle,

Sur la crête des vagues, dispersé,

En fines gouttelettes évaporées.

 

Un jour, je partirai dans un rai de lumière,

Insouciant et léger, tel un grain de poussière,

En emportant dans l’azur de mes souvenirs

Tes yeux brillants et la pudeur de ton sourire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SATISFECIT

 

Parfait équilibre égale immobilité.

Laisse donc le vent te pousser,

Effleure l’infini sans jamais le toucher,

Une trop grande fierté

Ferait de toi un narcissique prisonnier,

Par la peur de l’échec, pieds et poings liés.

Si tu n’as rien à perdre, tu pars le cœur léger.

Alors, à l’heure qu’il est,

J’aurais encore un petit mot à ajouter :

 

« Sache que la perfection n’existe pas, 

Et ne sois

Jamais

Tout à fait satisfait

De toi. »

 

 

 

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MEDITATION

 

Quand la panique ou l’angoisse pointent le bout du nez,

Souviens-toi par où tu es déjà passé,

Détends ton corps, ordonne tes pensées,

Pour dénouer calmement la trame

Des « méli- mélodrames ».

 

… Fais confiance…

A ton sixième sens,

Implacable lumière-scalpel de ton cerveau-laser, 

Qui perce le brouillard des préjugés sectaires…

 

 

 

 

Le supplice de l’indécis ( huile sur toile – 130 x 162 cm )

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CUISINE ECCLESIASTIQUE

 

 

Prenez au hasard le mot vêpres, à six caractères,

 

Secouez bien fort dans un shaker,

Une éprouvette en verre,

Ou un moulin à prières ;

 

Ajoutez un petit r de fête,

Histoire d’obtenir, comme au scrabble, sept lettres,

 

Puis laissez reposer une heure au frigidaire,

En récitant des prières…

 

… Comme des cristaux de glace,

Les six lettres de vêpres ont changé de place.

 

… Avec leur petit r supplémentaire,

Elles forment le mot pervers

 

 

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… PRESSE-PIPOLE… (01.11.2011)

                                                       

 

« Panem et circenses », c’est un joli business

Pour ces démagos qui tiennent les peuples en liesse…

 

Quand on veut empêcher les hommes de créer…

 

On leur donne à profusion de quoi se récréer… !   

 

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PRESENTEZ… ÂMES !!!

 

Ce ne fut point par hasard,

Si l’ultime demeure de Molière et Mozart

Fut la fosse commune… !!

 

Si tous les chemins mènent à Rome…

 

Toutes les religions prennent le même chemin :

 

Le Divin « Sentier des Crétins »,

 

Le Parti Communiste des Âmes… !!!  

 

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POSTEES ( 20 juillet 2008 )

 

A l’aube de ce troisième millénaire,

Il n’est pas nécessaire

De manier avec finesse et caractère

La langue de Molière

Pour être mis en lumière

Par les jurys littéraires…

 

… Il faut juste avoir un petit air

Qui plaise au plébéien grégaire,

Avec l’assentiment des hautes sphères,

Postées aux quatre miradors de la volière…      

 

 

 

 

Nonne à six stances…

 

 

Nul n’a vraiment percé les secrets des pharaons,

Avec tous leurs cortèges de malédictions…

 

Mon fantôme, un jour, brisera sans sommations

Les portes dorées de vos superbes prisons,

Remplies d’autels dédiés au « Dieu » Consommation…

 

La critique est facile, mais l’art est difficile…

 

Toi, mon ami poète, qui marche sur un fil,

Ne réponds pas aux sarcasmes des imbéciles…

Et laisse les se faire prendre dans les filets

Des marchands d’illusions, si bien labellisés…

 

Puis sors le rouleau compresseur de ta finesse…

 

Le temps te donnera ses lettres de noblesse… 

 

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Sortir…

 

 

Vous prononciez devant lui le mot culture,

Et il sortait son revolver…

 

Je suis à l’opposé de cet affreux cerbère…

 

Quand j’entends le mot censure,

 

Je sors… mon chevalet en pleine lumière… !

 

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LA VAGUE… ( 2 novembre 2008 )

 

Malheur à celui

Qui blesse un génie…

 

Qui sème l’obscurantisme ou l’hypocrisie

Récoltera tôt ou tard un tsunami…

 

 

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 « l’ennemi

N’est pas forcément  celui

Contre qui l’on se bat,

Mais celui qui profite des dégâts. » (Bambi Cruz)

 

 

RESISTANCE PASSIVE…

RESISTANCE EXPLOSIVE

 

Le luxe et la tune attisent

La jalousie, la convoitise et la sottise…

 

Sois toi-même ;

N’écoute surtout pas l’appel des sirènes…

 

Si tu cours vers un but étranger à ton âme,

Tu finiras attaché à un pieu, comme un âne… !

 

 

La meilleure addiction

C’est l’addition

De nos rêves et nos passions…

 

Union…

 

Egale multiplication … !

 

 

Le contraire de la division !!!

 

 

Les démagos finiront seuls dans la boue,

 

Emportés par le torrent des peuples en courroux. 

 

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GUERRE TRANQUILLE (ajouté le 27 janvier 2014)

 

Pour le dominant, narcissique et arrogant,        

Avoir le dernier mot est le seul enjeu important…

Mais c’est en réalité un faible qui a peur

De reconnaître ses propres erreurs …

 

Ne lui fais pas front… Attends patiemment

Son premier faux pas de pachyderme pédant

Pour l’écraser élégamment

De ton efficacité silencieuse et ta modestie féline,

Qui sont tes armes fatales et souveraines…

 

Cherche tranquillement la faille du colosse…

 

Et souviens-toi que la finesse,

 

Tel le ressac sur la falaise,

 

Finit toujours par éroder la rudesse…

 

La vie est un gracieux ballet entre des consciences de phalènes…

 

A la fin, tu sortiras vainqueur de l’arène…

 

Yes, man… !!!

 

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MODES (ajouté le 14 novembre 2014)

 

Les modes… ? Je les écrase… ! Avec délicatesse,

Comme les mouches qui passent

Sur la baie vitrée de mon esprit en transe.

 

 

 

LE TRIOMPHE DE L’ESPRIT (ajouté le 14 novembre 2014)

 

A la force brutale,

A l’injonction paradoxale

Du janissaire au proéminent pariétal,

Pare ton refus pare-feu d’un rideau de pétales,

En opposant, avec ton sourire final,

Le rouleau compresseur de ta finesse létale…

 

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PRION…

 

La foi libère l’esprit ;

Le rituel religieux l’appauvrit.

 

Un petit s joue à saute-mouton ;

 

Et le mot prions

 

Devient prison…

 

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LAISSE… ET FERS…

 

Je continue ma route contre vents et marées ;

Et j’emmène mes amours sur mon arche éclairée…

 

 

…Merci d’avoir pris la patience et le temps de me lire jusqu’ici.

 

 

 

 

 

 

 

 

La lumière du vitrail (huile sur toile - 60 x 60 cm)